Prisonnier.es politiques : la Russie dépasse la barre des 1 000 détenus
La liste des prisonnier.es politiques en Russie a franchi un seuil symbolique : elle dépasse désormais les 1 000 personnes. Un chiffre qui reflète l’ampleur des persécutions, mais reste très en deçà de la réalité.
Pour y figurer, chaque nom doit faire l’objet d’un examen rigoureux, appuyé sur les critères internationaux qui définissent la détention politique. Ce travail, long et méthodique, exclut par nature de nombreux cas. C’est pourquoi cette liste ne donne qu’un aperçu partiel — le nombre réel de personnes détenues pour des raisons politiques en Russie est très largement supérieur
Selon les estimations de l’ONG Memorial, au moins 10 000 personnes sont actuellement privées de liberté en Russie pour leurs convictions politiques. Ce chiffre n’inclut pas des civils ukrainiens, détenus illégalement dans les territoires occupés — ils seraient déjà plus de 3 600, bien que la majorité de leurs noms restent inconnus.
Franchir la barre des 1 000 prisonnier.es politiques n’est pas anodin. Ce chiffre incarne l’ampleur et la régularité de la répression en Russie.
Derrière chaque nom, il y a une personne punie pour avoir défendu ses convictions, souvent pacifiquement. Et autour de chaque détenu, une famille, des proches, une vie bouleversée.
Les voix du régime et de sa propagande cherchent à relativiser l’ampleur de cette injustice : dix mille prisonniers politiques, disent-ils, ce n’est rien dans un pays de 140 millions d’habitants. Mais mille personnes, c’est un village. Dix mille, ce sont des milliers de vies détruites. Ce n’est pas un chiffre abstrait — c’est une violence systémique, ciblée, assumée.
Cette répression ne frappe pas au hasard. Elle s’intensifie, devient plus brutale, et touche toutes les sphères de la société : journalistes, militants, artistes, citoyens ordinaires.
Il est essentiel de ne pas détourner le regard. Montrer à ces prisonnier.es qu’ils ne sont pas seul.es. Un geste simple qui compte beaucoup.
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