Sakharov, reviens !

Sakharov, reviens !

L’histoire de la vie de l’académicien Sakharov, c’est l’histoire de l’Union Soviétique de l’après-guerre, du mouvement des dissidents et de la lutte pour les droits humains. Montée à l’occasion du centenaire de la naissance de Sakharov, l’exposition Sakharov, les droits humains au cœur de l’Europe ouverte vendredi 7 mai à Paris, est visible jusqu’au 19 mai sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Elle a été organisée par Memorial France en partenariat avec la Mairie de Paris et le Parlement européen et grâce au Centre Sakharov et à Memorial International.

Des photographies de l’académicien Sakharov, des dissidents Anatoly Martchenko, Mustafa Djemilev et d’autres militants des droits humains en Union soviétique, à l’endroit même où avaient lieu les exécutions publiques, sur l’ancienne place de Grève, c’est tout un symbole ! « Dans cette exposition il y a beaucoup de symboles en général – raconte à RFI le vice-président de Memorial France Alain Blum, professeur à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. L’histoire de l’académicien Sakharov, c’est l’histoire du siècle soviétique. Ou plutôt, de sa période d’après-guerre. L’histoire de la puissance de l’URSS, de la guerre froide, de la fabrication de la bombe atomique. Mais aussi l’histoire de la lutte pour les droits de l’homme et pour la science historique elle-même, jusqu’à la fondation de « Memorial ». Sakharov était un enfant de la guerre, et il est mort deux ans avant la disparition de l’URSS. C’était une personnalité remarquable à tous points de vue et, en suivant le fil de sa vie, on apprend l’Histoire. »

(Sakharov à la tribune de la conférence constitutive de « Memorial », le 28 janvier 1989. A droite : A. Adamovitch, Iou. Kariakine, L. Ponomariov, Iou. Afanassiev, E. Jemkova, E. Evtouchenko, membres du bureau de l’association)
(Sakharov à la tribune de la conférence constitutive de « Memorial », le 28 janvier 1989. A droite : A. Adamovitch, Iou. Kariakine, L. Ponomariov, Iou. Afanassiev, E. Jemkova, E. Evtouchenko, membres du bureau de l’association)

L’exposition est présentée à ciel ouvert juste devant le bâtiment de l’Hôtel de Ville. Pour Sacha Koulaeva, militante des droits humains et professeure à l’Institut des Sciences politiques de Paris, « en période de pandémie c’était la meilleure solution – les salles d’exposition sont fermées, les attroupements sont interdits. Quand Mémorial France s’est adressé à la Mairie, celle-ci a réussi à tout organiser dans des délais extrêmement courts, merci à elle ! »

Si on regarde l’exposition dans l’ ordre chronologique, l’une des premières images exposées, c’est Sakharov et l’académicien Igor Kourtchatov, avec à côté la carte des essais nucléaires soviétiques à ciel ouvert. « Ce sont justement les essais de la bombe atomique à Semipalatinsk qui ont poussé Sakharov à initier la lutte avec la puissance atomique soviétique, à la création de laquelle il avait pourtant pris une part active – raconte Alain Blum. Au début il était très soviétique et travaillait à la bombe, parce qu’il recherchait la paix (à l’époque il y avait cette idée d’équilibre et de sécurité au plan international – RFI). Mais c’était un grand physicien, il était devenu académicien à 32 ans (c’est un cas unique), et après les essais à Semipalatinsk il a compris la dangerosité de cette technologie. Il avait compris que c’était dangereux pour les populations civiles, et que l’URSS ne s’en souciait pas. Non seulement l’URSS, mais aussi les Etats-Unis, et les autres pays lancés dans la course à l’atome. Alors il s’est engagé dans la bataille, d’abord pour des débats ouverts sans lesquels la contradiction n’est pas possible, ensuite pour les droits de l’homme. C’est justement aussi l’histoire du XXe siècle : comment l’opinion publique est capable de prendre part à l’Histoire, même dans un pays autoritaire comme l’URSS. »

(A.D. Sakharov et I.V. Kourtchatov dans le jardin de l’Institut d’Energie atomique. Moscou, septembre 1958)

« La physique est mon premier amour »

La dissidence a privé Sakharov des privilèges académiques, on le rappelle souvent quand on parle de son choix difficile. Mais ce choix l’a avant tout éloigné de sa profession. Nicolas Miletitch, qui était jeune correspondant de l’AFP à l’époque de leur rencontre, se souvient à quel point ses recherches scientifiques étaient importantes pour Sakharov. « Andreï Dmitrievitch était un homme très occupé, et il utilisait chaque possibilité, chaque minute, pour son travail. La physique était pour lui extraordinairement importante, c’était son premier amour. »

Milétitch lui-même apparaît dans l’exposition. Il figue sur la photo de la conférence de presse pour les journalistes étrangers dans l’appartement à Moscou d’Andreï Sakharov et Elena Bonner (cette année c’est aussi le dixième anniversaire de sa mort). « Ce n’était pas pour lui-même, le plus souvent, qu’il organisait ces conférences, mais pour d’autres. S’il s’était adressé lui-même aux journalistes, tous auraient écrit sur lui, bien sûr, il était déjà une personnalité connue. Mais, disons, Tania Velikanova (Tatiana Velikanova, mathématicienne, dissidente, l’un des organisateurs de la « Chronique des évènements courants » – RFI) ou bien Naoum Meïman (physicien, dissident, militant de l’objection de conscience, membre du groupe de Helsinki – RFI) n’étaient pas aussi connus, et il fallait leur donner la parole. 

(Conférence de presse pour les journalistes étrangers après le procès des militants des droits de l’homme Alexandre Guinzburg, Viktoras Petkus et Nathan Chtcharansky. 6 juillet 1978). © Memorial International

Tout le monde ne pouvait pas organiser chez soi des rencontres de ce genre avec des journalistes, poursuit Miletitch. Le pouvoir soviétique était bien obligé de supporter Sakharov à cause de sa réputation internationale, en ce sens c’était une forme de « privilège ». Mais souvent, après ces rencontres, les pneus des voitures des correspondants de presse étaient crevés – « c’est leur forme d’humour… » se souvient le journaliste. Comme on pouvait s’y attendre, la fréquentation des dissidents s’est terminée pour le jeune correspondant qu’il était alors par l’expulsion d’URSS. Elena Bonner organisa pour lui une soirée de départ, Sakharov à ce moment-là n’avait plus son « privilège », l’académicien avait été exilé à Gorki, ville fermée.

« Bien sûr, tout le monde voulait savoir comment il allait, et dans quelles conditions il vivait là-bas. On voulait voir des photos. On savait bien que seule Elena Gueorguievna pouvait en faire, on l’autorisait encore, à ce moment-là, à rentrer à Moscou. Mais il y avait un problème essentiel : elle avait une très mauvaise vue, suite à une blessure de guerre. Comment pouvait-elle prendre des photos, elle qui portait des verres de lunettes comme des hublots d’avion ? Alors j’ai pris pour elle à mon petit frère son appareil photo d’enfant. Il n’y avait pas plus simple : il suffisait de le régler sur « soleil » ou sur « ombre » et de presser le déclencheur. Et tout se passa parfaitement bien. J’ai transmis ces photos à Paris, elles sont sorties dans L’Express et quelque part ailleurs. Où, je ne sais pas, c’était impossible de poser une question pareille au téléphone. (Une des photos de l’exposition a été prise avec cet appareil – RFI). Mais ensuite ils ont aussi envoyé Elena Gueorguievna à Gorki, le lien s’est rompu, j’étais déjà rentré à Paris. »

Mais c’est une autre rencontre avec Sakharov qui constitue le souvenir le plus marquant du correspondant de l’AFP.

« C’était en 1979. Le téléphone sonne soudain au bureau, c’est Andreï Dmitriévitch : « Kolia, venez vite, il y a chez moi une femme, une Tatare de Crimée, elle est avec son fils de 10 ans, la situation est tragique, venez vite ». J’arrive – notre bureau n’était pas loin – , je pose quelques questions et je comprends qu’avant moi pendant une heure déjà Sakharov a écouté cette pauvre femme, qui raconte son histoire dans les larmes. Et de nouveau avec moi, attentivement, avec une grande patience, il l’écoute et pose des questions. A la fin j’ai demandé en quoi je pouvais lui venir en aide – donner de l’argent peut-être ? – et il répond « non, non, je vais m’en occuper, je vais tâcher de lui trouver un logement où elle puisse vivre un certain temps. » Et je me dis : « j’ai devant moi un homme connu dans le monde entier, un grand physicien, et il trouve deux heures de son temps pour aider quelqu’un de parfaitement inconnu. C’était une image très forte. C’était pour moi une leçon – comment il faut se conduire dans la vie. Pour un homme jeune, un jeune journaliste, cela reste dans la mémoire. »

De gauche à droite: Elena Bonner, Safinar Djemilieva, Mustafa Djemilev, Andreï Sakharov. 25 décembre 1986. Domaine public. Auteur inconnu.

Sacha Koulaeva, qui est l’une des organisatrices de l’exposition, militante des droits de l’homme et professeur à Sciences Po’, est liée à Sakharov par d’autres souvenirs, d’enfance ceux-là :

« Chacun de mes parents, indépendamment l’un de l’autre, connaissaient bien Sakharov. Mon père, Boris Koulaev, né en 1924, connaissait Elena Bonner depuis l’enfance ; ma mère, Noémi Botvinnik, participait activement au mouvement des dissidents. Maman allait souvent chez les Sakharov à Moscou, et j’y allais avec elle, et quand on les a exilés, elle rencontrait le compagnon de lutte et collègue d’Andreï Dmitriévitch Naoum Meïman. Il s’occupait en particulier de la datcha des Sakharov, où nous allions de temps en temps. Un jour Papa, à la demande de Sakharov, se rendit chez Bonner pour s’enquérir de sa santé et tomba en plein milieu d’une conférence de presse qu’elle organisait pour les journalistes étrangers. Ils ont relevé les coordonnées et le numéro de son passeport, et il a été par la suite chassé de l’institut pour lequel il travaillait. Quand ils ont libéré Sakharov, ce fut un événement considérable ; je m’en souviens aussi parce qu’il m’a donné tous ses numéros du National Geographic. Il les a expédiés à Moscou par colis postal sur lequel était indiquée son adresse, si connue, à Gorki. Quand le colis arriva, tous les exemplaires étaient lardés de trous d’aiguille, ils y avaient, en vain, cherché quelque chose de caché. »

La voix de Paris, la voix de l’Europe.

« Comme tous les « enfants de la dissidence », poursuit Sacha Koulaeva, « j’étais très attachée à ces souvenirs. Et quand, une fois établie à Paris, j’ai commencé à travailler pour la FIDH (Fédération internationale pour les droits humains), j’ai pu, en me plongeant dans les archives de cette organisation, découvrir les documents des campagnes de soutien à Sakharov et à d’autres dissidents, et en faire des copies. Des scientifiques français, mathématiciens, physiciens, biologistes, traduisaient et reproduisaient l’appel de Sakharov à ses collègues scientifiques. Ces déclarations étaient publiées non seulement dans de petites revues associatives, à diffusion restreinte, à la manière des samizdat soviétiques, mais aussi dans la presse généraliste, dans Le Monde ou d’autres journaux nationaux. Il y a donc une valeur symbolique à ce que notre exposition soit organisée à Paris. Et même si Paris n’a pas été la seule ville à apporter son aide aux dissidents soviétiques, il n’en reste pas moins qu’à cette époque, la voix de Paris avait une résonance particulièrement forte. »

Cette résonance n’est plus aussi forte aujourd’hui, estiment les organisateurs de l’exposition. « A cette époque », dit Nicolas Miletitch, « la voix de Paris avait une résonance dix fois, voire cent fois plus forte qu’aujourd’hui. A partir des années 1970, lorsque Jimmy Carter est devenu Président des Etats-Unis, le thème des droits de l’homme est devenu, parallèlement avec le thème du désarmement, un des thèmes principaux dans les relations entre l’Occident et l’URSS. Nous ne devons pas oublier que pendant cette période étaient entrées en vigueur des sanctions draconiennes, et que seul ce régime de sanctions a rendu possible l’émigration massive des juifs hors d’URSS. Plusieurs conférences internationales se sont succédé – Helsinki, Belgrade, Madrid : l’URSS subissait une pression constante de la part de l’Occident, cela non seulement de la part des Etats-Unis, mais aussi de la part de l’Europe. Aujourd’hui tout se situe à un autre niveau. Lorsque Sentsov ou Navalny entreprennent une grève de la faim, les dirigeants occidentaux « expriment leur préoccupation » : il ne leur est juste pas possible, bien sûr, de ne rien dire. Eventuellement, il y aura un retour à une position plus radicale des occidentaux. Mais tout, en définitive, dépendra du développement de la situation en Russie. »

« Le fil directeur de l’exposition est très simple », reprend Alain Blum, « c’est la vie de Sakharov. Mais sur ce parcours on observe différentes étapes, en particulier celles qui dépassent les frontières de l’histoire soviétique et concernent l’histoire de l’Europe. Sakharov était un homme très européen. Pour lui la Russie, et même l’URSS, appartenaient, sans aucun doute, à l’Europe.  Sakharov était un homme qui luttait pour un monde ouvert. »

L’exposition, organisée pour le centenaire de la naissance du dissident, porte le titre : « Les Droits de l’homme au cœur de l’Europe ». Sur l’une des photographies, Sakharov se trouve aux côtés de Michel Rocard, au moment de cette photo Premier ministre, et de Lech Wałęsa. « Ceci aussi est un symbole », reprend l’historien, « d’un lien entre la Russie, la Pologne et la France. La France était le pays qui incarnait les droits de l’homme ; et Valesa était un des hommes qui ont été à la source de l’ouverture de l’Europe. » Le Parlement Européen est partenaire de l’exposition. Et y concourt avec les portraits des lauréats du prix qu’il attribue chaque année, le « Prix Sakharov pour la liberté de pensée » ; ce sont ces portraits qui concluent l’exposition.

« Le plus récent lauréat a été le Mouvement biélorusse pour la liberté, qui a impressionné le monde entier, si peu au fait jusque-là de la situation en Biélorussie », reprend Sacha Kouliaieva. « Le premier lauréat du prix avait été Anatoli Martchenko, mort des suites de la grève de la faim prolongée qu’il avait faite, dans la prison de Tchistopol, à l’époque des derniers souffles de l’URSS. Sakharov avait compris que c’était précisément à Martchenko qu’il était redevable de sa propre libération. Martchenko exigeait la libération de tous les détenus politiques soviétiques. Et au moment du fameux coup de téléphone de Gorbatchev à Sakaharov, alors assigné à résidence à Gorki (aujourd’hui Nijni Novgorod), autorisant Sakharov à revenir à Moscou, celui-ci lui dit à son tour : « Un de mes proches amis vient de mourir. Je vous demande de libérer tous les prisonniers politiques. » Anatoli Martchenko reçut le prix Sakharov à titre posthume, et le prix fut en même temps attribué à Nelson Mandela, qui faisait alors lui aussi une grève de la fin prolongée en prison. Je me rappelle encore aujourd’hui le départ du train qui emmenait à Strasbourg la veuve de Martchenko, Larissa Bogoraz, et leur fils Pacha, partant là-bas pour quelques jours pour recevoir le prix, et combien de gens étaient venus, en nombre, les accompagner sur le quai. Le départ de ce train est resté le symbole d’une époque révolue qui s’éloignait et d’un changement radical de la situation. »

Sakharov devant le tribunal lors du procès contre le dissident Iouri Orlov. Mai 1978. © Centre Sakharov

« De nouveau les mêmes tribunaux »

A l’évocation du souvenir de Sakharov viennent à l’esprit, par un lien organique, les noms des oppositionnels et des victimes du régime. « Nous avons ici une photo », dit Alain Blum, « sur laquelle est représenté Sakharov devant le bâtiment où siège le tribunal jugeant Iouri Orlov (physicien, défenseur des droits de l’homme, dissident soviétique, fondateur du groupe de Helsinki de Moscou). Quand je l’ai vue, ma première réaction a été de penser à quel point elle est actuelle. Ce sont les mêmes tribunaux. On juge de nouveau des gens qui veulent participer à la vie publique, qui descendent dans les rues, qui manifestent. Voici encore, sur une des photographies, Mustafa Djemilev (dissident soviétique, défenseur des Droits de l’homme, leader du Mouvement de libération des Tatars de Crimée). Pensez-y seulement : les Tatars de Crimée ont été déportés en masse en 1944. Quarante ans se sont écoulés depuis que cette photographie a été prise. Et aujourd’hui on interdit de nouveau à Djemilev d’entrer en Russie. Voilà encore une histoire qui est mêlée étroitement à l’histoire du siècle, et qui est liée avec la vie de Sakharov. Sakaharov s’est beaucoup occupé du destin des Tatars de Crimée. En ceci il est aussi, comme je l’ai déjà dit, un enfant de la guerre. Et toute l’action qu’il a menée est aujourd’hui, malheureusement, de nouveau d’actualité. Après la fin de l’URSS était née un espoir de changements, mais voici vingt ans déjà que tout est revenu en arrière. Aujourd’hui fonctionne de nouveau en Russie un pouvoir autoritaire, et ceci ne vaut pas seulement pour la Russie, mais pour la Hongrie, pour la Pologne, et encore pour d’autres pays. »

Outre Sakharov, outre d’autres dissidents et oppositionnels soviétiques, l’exposition fait apparaitre encore un héros, l’organisation « Memorial » elle-même. « La mémoire commune, les souvenirs, les commémorations, sont devenus un nouveau champ de bataille », rappelle Alain Blum. « Alors que la Russie rend plus répressive la législation « mémorielle », il était important pour nous de montrer l’importance du rôle que Sakharov a joué dans la création de « Memorial ».  Cette organisation a mis en lumière l’histoire réelle de l’URSS, tous les historiens reconnaissent la portée de son travail. Mais « Memorial », c’est aussi la lutte pour les Droits de l’homme. Et Sakharov, qui avait agi pour la défense de la science dès la période de son opposition à Lyssenko, comprenait bien le lien entre les deux aspects de son activité. Preuve en est son action pour les droits des Tatars de Crimée, qu’il n’est pas possible de séparer de l’étude de l’histoire de la deuxième guerre mondiale. Mais aujourd’hui sont arrivés pour « Memorial » des temps difficiles. »

De l’histoire de la vie de Sakharov nous revenons aux événements actuels. « Le parallèle avec la situation d’aujourd’hui est réel », dit Nicolas Miletitch. « De nouveau les mêmes revendications reçoivent les mêmes réponses de la part du pouvoir. Mais nous sommes dans une autre époque, avec d’autres gens. La dissidence n’était pas un mouvement auquel on adhérait et où on prenait sa carte d’adhérent. C’était un milieu, c’étaient des gens qui estimaient, de façon justifiée, qu’ils devaient être libres. Des gens très différents. Alexander Lavout (mathématicien, dissident soviétique, prisonnier politique) ; le Père Gleb Yakounine (prêtre orthodoxe, fondateur de l’Eglise orthodoxe apostolique) ; et d’autres. Mais ce qui les unissait, c’était précisément qu’ils s’estimaient libres. »

« Evoquer Andreï Dmitrievich Sakharov à l’occasion de son centenaire », conclut Sacha Koulaeva, « c’est faire le bilan de l’action de ceux qui luttaient pour le Droits humains en URSS. Mais, malheureusement, c’est aussi se demander s’il n’est pas trop tôt pour faire ce bilan. On a envie de dire : « Sakharov, reviens ! » »


Source: RFI «Сахаров, вернитесь!» — в Париже открылась выставка к столетию академика и диссидента.

Traduit et reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur, Guelia Pevzner.