Des manifestations de femmes de mobilisés interdite pour cause de COVID

Des manifestations de femmes de mobilisés interdite pour cause de COVID

Les compagnes des hommes appelés à rejoindre l’armée n’ont pas été autorisées à organiser des rassemblements en raison de la « situation épidémiologique ».

Le fond de l’affaire

Les autorités de Saint-Pétersbourg, Moscou, Krasnoïarsk et d’autres villes ont refusé d’autoriser les rassemblements de parents de mobilisés, justifiant cette décision par la « situation épidémiologique » défavorable due au coronavirus.

Pourquoi c’est important ?

Après que le député de la Douma d’État russe Andreï Kartapolov a déclaré en septembre 2023 que la loi ne prévoyait pas la rotation des mobilisés et que ceux-ci ne rentreraient chez eux qu’après la fin de l' »opération militaire spéciale » (nom officiel de la guerre avec l’Ukraine en Russie), les familles des mobilisés ont commencé à se regrouper en communautés. Elles plaident pour l’annulation de la mobilisation et le retour de tous les mobilisés chez eux. En outre, elles affirment qu’elles soutiendront toute personne qui ramènera leurs hommes de la guerre.

Le 7 novembre, plusieurs dizaines de femmes se sont jointes à un rassemblement du Parti Communiste à Moscou et ont fait connaître leurs revendications.

Des groupes d’initiative de ces associations ont commencé à organiser des rassemblements. Mais les autorités refusent obstinément de les autoriser et les femmes ne sont pas prêtes à se rendre à des manifestations interdites. À Novossibirsk, au lieu d’un rassemblement avec les épouses, une réunion à huis clos avec les autorités a été organisée, à laquelle seules les personnes figurant sur une liste pouvaient assister, les banderoles apportées par les femmes ont été confisquées et tout le monde n’a pas pu poser des questions.

Des groupes de médias sociaux pro-gouvernementaux ont commencé à diffuser des informations selon lesquelles la communauté de femmes mécontentes était dirigée par l’équipe de Navalny, qu’elles collaboraient avec l’Ukraine, et d’autres théories conspirationnistes ridicules.

Les autorités russes craignent toute association civile incontrôlée et feront tout leur possible pour supprimer, négocier ou intimider les d’initiative des femmes des mobilisés.

La croissance du ressentiment est particulièrement désavantageuse pour les autorités à l’approche des « élections » présidentielles.

Photo : Chaîne Telegram « Beware of the News » (Méfiez-vous des nouvelles)


La rubrique Monitoring, Russie est réalisée en collaboration avec le projet memopzk.org